Le nouveau Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Toukara, a officiellement pris fonction ce mercredi 4 décembre 2026. C’était à l’occasiond’une cérémonie solennelle marquée par un discours de rupture, d’engagement institutionnel et de continuité républicaine. Face aux membres du gouvernement, aux hauts responsables judiciaires et aux acteurs de la chaîne pénale, le ministre a posé les bases de son action à la tête du département de la Justice dans le cadre de la Cinquième République.
Dans son discours de circonstance, le nouveau ministre a inscrit sa prise de fonction dans une dimension à la fois spirituelle, républicaine et personnelle. Il rappelle le sens moral et historique de la mission qui lui est confiée par le président de la République, le général Mamadi Doumbouya. « En cet instant solennel, où la République se regarde elle-même à travers l’une de ses fonctions les plus nobles, les plus sensibles et les plus exigeantes, je m’incline d’abord devant ALLAH, le Très-Haut, Maître du temps et des destinées, source ultime de toute justice, de toute vérité et de toute équité. C’est par Sa volonté que l’homme est appelé à servir plus grand que lui. C’est par Sa sagesse que la Justice n’est jamais seulement une règle, mais une conscience en action, une exigence morale, une responsabilité devant l’Histoire. Je rends ensuite un hommage empreint de respect et d’émotion à mes parents biologiques, dont l’éducation, les sacrifices silencieux et l’héritage moral ont façonné en moi le sens du devoir, le respect de l’autorité et l’amour du bien commun. Leur enseignement demeure le socle invisible de mon engagement public. Je mesure pleinement la portée de la confiance que m’accorde Son Excellence Monsieur MAMADI DOUMBOUYA, Président de la République, en me confiant la charge de premier Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme de la Cinquième République. Cette confiance est un mandat républicain, un serment tacite fait à la Nation, et une obligation de loyauté, de rigueur et de résultats. J’exprime également ma reconnaissance à Monsieur AMADOU OURY BAH, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour son leadership, sa vision d’ensemble et son attachement à la cohérence de l’action publique, sans laquelle aucune réforme structurelle ne saurait prospérer. » a rappelé le nouveau ministre de la Justice.
Par ailleurs, dans un ton à la fois lucide et institutionnel, le nouveau Garde des Sceaux n’a pas éludé les dysfonctionnements profonds du système judiciaire guinéen. Surpeuplement carcéral, lenteur des procédures, insuffisances en formation, déficit d’infrastructures et manque de cohésion institutionnelle ont été clairement identifiés comme des défis majeurs à relever. « La Justice est le pilier silencieux de la République. Lorsqu’elle est forte, la Nation est stable. Lorsqu’elle est crédible, l’État est respecté. Lorsqu’elle est humaine, le peuple est réconcilié avec ses institutions. La Justice n’est ni vengeance, ni complaisance. Elle est équilibre, mesure, autorité légitime. La Cinquième République nous impose une lucidité courageuse. Notre système judiciaire souffre encore de failles structurelles profondes : le surpeuplement carcéral, résultant principalement du non-respect des délais légaux de traitement des procédures, du recours excessif à la détention provisoire, de l’insuffisante mise en œuvre des alternatives légales à l’emprisonnement ; la lenteur de la justice, car une justice lente est une justice perçue comme injuste ; les insuffisances en formation face à l’évolution du droit et à la complexité des contentieux modernes ; les déficits infrastructurels avec des juridictions inadaptées et des établissements pénitentiaires surchargés ; et enfin le déficit de cohésion institutionnelle. La Justice est une chaîne. Lorsqu’un maillon faiblit, c’est l’ensemble qui vacille. »
Poursuivant son discours, Ibrahima Sory 2 Toukara a décliné les axes structurants de son action. Il place les droits de l’homme au cœur de la gouvernance judiciaire et en appelle à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs du secteur. « Toujours dans le cadre des Droits de l’Homme, sachons que la justice guinéenne, à tort ou à raison, est, nous le savons tous, décriée et cataloguée. Il nous revient à nous les acteurs d’inverser cette tendance dans le but de l’instauration d’une véritable justice respectueuse des droits de l’homme. Une justice respectueuse des droits de l’homme c’est cette justice qui consacre le droit d’être jugé publiquement, dans un délai raisonnable et par un tribunal indépendant et impartial ; une justice respectueuse des droits de l’homme c’est cette justice qui repose sur la présomption d’innocence jusqu’à l’établissement légal de la culpabilité ; une justice respectueuse des droits de l’homme c’est cette justice dans laquelle le droit à un avocat et le droit au contradictoire sont garantis ; une justice respectueuse des droits de l’homme c’est cette justice dans laquelle le principe d’égalité de tous est garanti ; une justice respectueuse des droits de l’homme c’est cette justice au niveau de laquelle le droit au recours est effectif. Aucune réforme ne réussira sans une prise de conscience collective, proactive et courageuse. J’en appelle aux magistrats, aux greffiers, aux avocats, aux huissiers de justice, aux notaires, aux commissaires-priseurs, aux officiers de police judiciaire et aux personnels administratifs pour bâtir ensemble une Justice intègre, performante et respectée. »
Ibrahima Bah
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