L’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC) a engagé une réforme interne destinée à accélérer le suivi des procédures judiciaires et à renforcer la transparence dans l’administration des avoirs placés sous main de justice.
Par une décision en date du 28 janvier 2026, le directeur général de l’AGRASC, Mohamed Diawara, a acté la désignation d’agents référents permanents au sein des juridictions régionales du pays. Cette mesure, validée après avis du Conseil d’administration, vise à rapprocher l’Agence des tribunaux afin de corriger les lenteurs constatées dans le traitement des dossiers liés aux saisies pénales.
Jusqu’à présent, la coordination entre l’AGRASC et les juridictions reposait essentiellement sur des échanges à distance, souvent source de retards dans la transmission des informations et le suivi des biens concernés. Avec cette nouvelle approche, l’Agence opte pour une présence directe au niveau des greffes, considérés comme des maillons stratégiques de la chaîne judiciaire.
Les agents référents auront notamment pour missions de centraliser l’ensemble des documents relatifs aux saisies et confiscations, de sécuriser les procédures administratives, de faciliter les opérations d’inventaire, d’évaluation et de cession des biens, ainsi que de produire des rapports trimestriels sur l’état des avoirs suivis. L’objectif affiché est de limiter les pertes d’informations, prévenir la détérioration des biens et renforcer la traçabilité des actifs judiciaires.
Dans ce cadre, plusieurs responsables judiciaires ont été désignés à travers le pays. Il s’agit notamment de Fodé Saïdou Touré au Tribunal de première instance (TPI) de Boké, Kaba I Traoré au TPI de Faranah, Boubacar Ciré Sow à la Cour d’appel de Kankan, assisté d’Abdoulaye Bountou Bangoura, suppléant au TPI de Kankan, Bountouraby M’Balia Camara à Kindia, Mamadou Dian Baldé à Labé, Djiguibany Traoré à Mamou et M’Bemba Camara à N’Zérékoré.
Selon l’AGRASC, cette réforme s’inscrit dans la mise en œuvre effective des articles 964 et suivants du Code de procédure pénale, relatifs à la gestion des avoirs saisis et confisqués. Longtemps critiqué pour son manque d’opérationnalité sur le terrain, ce dispositif juridique pourrait désormais gagner en efficacité grâce à un mécanisme directement intégré aux juridictions.
Au-delà des enjeux procéduraux, la réforme répond également à une problématique économique majeure. Véhicules immobilisés, biens immobiliers laissés à l’abandon ou équipements stockés sans entretien représentent autant d’actifs dont la valeur peut se dégrader rapidement. En renforçant le suivi et la conservation, l’AGRASC ambitionne de préserver la valeur des biens, de faciliter leur restitution ou leur cession et d’optimiser les recettes potentielles pour l’État.
Sékou Nesta
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