UNE NOUVELLE GUINÉE EST POSSIBLE : Pourquoi la jeunesse doit être au cœur de la refondation nationale ?
La Guinée traverse une période qui restera sans doute longtemps dans la mémoire collective. Depuis le changement politique du 5 septembre 2021, le pays a engagé un processus présenté par les autorités comme une refondation de l’État, avec l’ambition de reconstruire les institutions, de renforcer l’administration, de lutter contre la corruption et de replacer l’intérêt général au centre de l’action publique.
Cette dynamique, portée aujourd’hui par le Général Mamadi Doumbouya et son gouvernement, suscite des adhésions, mais également des interrogations et des critiques. C’est précisément pourquoi il est nécessaire d’en parler avec responsabilité : une refondation nationale ne peut réussir que si elle devient une affaire collective, dépassant les intérêts individuels, ethniques, régionaux ou partisans.
Le portail officiel du Gouvernement présente d’ailleurs comme axes de cette nouvelle dynamique la réconciliation nationale, la refondation de l’État, la lutte contre la corruption, l’inclusion, la transparence administrative et un gouvernement au service du peuple. (Gouv)
Rompre avec le passé sans renier notre histoire
Rompre avec le passé ne signifie pas effacer notre histoire.
La Guinée doit respecter ceux qui ont construit le pays, mais elle doit également avoir le courage de reconnaître les insuffisances accumulées au fil des décennies : faiblesse institutionnelle, clientélisme, politisation excessive de l’administration, corruption, manque de perspectives pour les jeunes, inégalités territoriales et insuffisance des mécanismes de contrôle.
Une nation ne progresse pas lorsqu’elle passe son temps à rechercher des responsables dans le passé. Elle progresse lorsqu’elle transforme les leçons du passé en décisions pour l’avenir.
La véritable question est donc : quelle Guinée voulons-nous transmettre à la prochaine génération ?
Une Guinée divisée par les appartenances ou une Guinée rassemblée autour d’un destin commun ?
Une administration au service des réseaux ou une administration fondée sur la compétence ?
Une jeunesse spectatrice ou une jeunesse actrice du développement ?
C’est là que se trouve le véritable enjeu de la refondation.
La jeunesse : non pas l’avenir seulement, mais le présent
Pendant trop longtemps, nous avons répété que « la jeunesse est l’avenir de la Guinée ». Cette formule est devenue insuffisante.
La jeunesse est également le présent de la Guinée.
Elle doit donc être présente dans les administrations, les entreprises, les collectivités, les institutions publiques, les universités, les secteurs minier, agricole, numérique, industriel et entrepreneurial.
Le renouvellement générationnel observé dans plusieurs secteurs de la vie publique et économique peut constituer une opportunité historique. Mais donner des responsabilités aux jeunes ne suffit pas. Il faut également leur donner la formation, les moyens, la responsabilité et surtout une culture de résultat.
Un jeune nommé à une responsabilité ne doit pas être simplement « le jeune de service ». Il doit être un professionnel compétent, évalué sur son travail, son intégrité et les résultats obtenus.
La nouvelle Constitution a d’ailleurs placé la compétence, l’intégrité, la probité, l’inclusion et l’expérience parmi les principes devant guider le choix des personnalités appelées à animer les institutions. (GuinéeLex)
C’est cette philosophie qu’il faut transformer en pratique.
Le patriotisme n’est pas un slogan
Être patriote, ce n’est pas applaudir systématiquement le pouvoir.
Être patriote, c’est vouloir que son pays réussisse.
C’est payer ses impôts lorsqu’on le doit.
C’est respecter les biens publics.
C’est refuser la corruption lorsqu’on en a l’occasion.
C’est travailler avec sérieux.
C’est respecter les institutions.
C’est défendre l’unité nationale.
C’est accepter la contradiction lorsqu’elle sert l’intérêt général.
C’est privilégier la Guinée sur les intérêts particuliers.
Le patriotisme du XXIᵉ siècle doit être un patriotisme de compétence, de travail, de discipline et de responsabilité.
La jeunesse guinéenne doit donc comprendre qu’elle ne peut pas réclamer le changement tout en reproduisant les pratiques qu’elle dénonce.
On ne construit pas une nouvelle Guinée avec les anciennes mentalités.
La lutte contre la corruption : une bataille de génération
La lutte contre la corruption constitue l’un des grands défis de la refondation.
Les actions engagées depuis 2021 doivent être appréciées à travers leur capacité à instaurer durablement une culture de responsabilité, de contrôle et de transparence.
Mais cette lutte ne peut pas être seulement celle des magistrats, des services de contrôle ou du gouvernement.
Elle doit devenir une culture nationale.
Car la corruption ne disparaîtra pas uniquement parce qu’on sanctionne quelques responsables. Elle reculera lorsque la société considérera l’enrichissement illicite, le







