L’avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, a été révoqué ce jeudi 20 août 2026 par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). La décision intervient après une procédure disciplinaire engagée à la suite de faits portés à la connaissance du ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara.
La formation disciplinaire du CSM a retenu contre le magistrat des manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat.
La révocation a été prononcée sur la base des articles 20, 35 et 36 de la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats.
Intervenant sur les ondes de la télévision nationale sur cette procédure disciplinaire, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme a expliqué que la première mesure prise à l’encontre d’Algassimou Diallo avait été sa suspension.
Selon lui, cette décision reposait sur les dispositions de la loi portant statut des magistrats, qui permettent au garde des Sceaux de suspendre un magistrat lorsque des faits susceptibles de constituer une faute disciplinaire sont portés à sa connaissance. « Conformément à la loi L/054 du 17 mai 2013 relative au statut des magistrats de Guinée, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, a les pouvoirs de suspendre un magistrat à partir du moment où il constate que ce dernier a commis des faits qui sont susceptibles d’entraîner une faute disciplinaire », a rappelé Ibrahima Sory II Tounkara.
Le ministre affirme avoir ensuite été informé de faits concernant Algassimou Diallo qu’il estime incompatibles avec les obligations liées à la fonction de magistrat. « Dès que j’ai été informé de cette situation, de ces faits que j’ai estimés pas trop catholiques, des faits normalement qui ne devaient pas être commis par un magistrat, des faits qui sortent carrément du cadre des pratiques de magistrat, j’ai jugé nécessaire de le suspendre », a-t-il expliqué.
Ibrahima Sory II Tounkara précise que cette mesure ne serait pas liée à la personne d’Algassimou Diallo, mais à l’application des règles disciplinaires prévues pour les magistrats. « Ce n’est pas parce que c’est M. Algassimou, c’est n’importe quel magistrat. N’importe quel magistrat se prêterait à telles pratiques sera suspendu », a-t-il déclaré.
Après la suspension, le ministre indique avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature, compétent pour examiner la procédure disciplinaire. « Et à la suite de cette suspension, saisir le Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il ajouté.
À l’issue de la procédure disciplinaire, le CSM a conclu que les faits reprochés à Algassimou Diallo étaient établis et constituaient des manquements graves aux obligations liées à son statut de magistrat.
Algassimou Diallo, qui s’était notamment fait connaître lors du procès des événements du 28 septembre 2009 en qualité de procureur près le Tribunal de première instance de Dixinn, n’exerce donc plus de fonctions au sein de la magistrature guinéenne.
Sékou Nesta Camara pour regardguinee.org







