Les responsables des Jeux Nationaux d’Indépendance (JNI), réunis en conférence de presse ce dimanche 27 septembre 2026, ont annoncé une réorganisation du projet. Désormais, les compétitions doivent se dérouler d’abord dans les différentes régions avant une phase nationale à Conakry, avec une grande finale annoncée pour octobre 2027.
Les organisateurs expliquent cette évolution par la volonté de donner aux JNI un ancrage territorial plus important et d’impliquer davantage les structures régionales.

Selon le coordinateur national des JNI, Samuel Léno, la principale modification concerne le mode de sélection des participants. Alors que le projet initial prévoyait une organisation essentiellement concentrée à Conakry, la nouvelle formule doit commencer par des compétitions régionales. « L’idée qui a été retenue de façon majoritaire, c’est que les JNI, au lieu qu’on les fasse de façon locale à Conakry, désormais, elles vont se faire de façon, d’abord régionale, avant de les monter au niveau national », a expliqué Samuel Léno.
Dans cette nouvelle configuration, les dix régions doivent accueillir des compétitions permettant d’identifier les meilleurs participants dans les différentes catégories prévues par le projet. Les disciplines et épreuves annoncées comprennent notamment la force physique, la vitesse, le football, les catégories liées à la taille ainsi que le « Choc des Intellos » dans ses versions lycée et libre.
Conakry doit ouvrir cette série de compétitions. D’après les responsables du projet, les épreuves dans la capitale sont envisagées en décembre 2026. Les autres régions devraient ensuite entrer progressivement dans le programme entre janvier et juin 2027, avant la phase finale prévue pendant la période des célébrations de l’indépendance en 2027.
L’objectif affiché est ainsi de passer d’une sélection effectuée au niveau local à un système reposant sur de véritables compétitions ouvertes aux citoyens des différentes régions. Les dates, les épreuves, la durée des compétitions et le système de pointage doivent être communiqués aux populations concernées.
Cette réorientation a également été évoquée par Akoï Esaie Béavogui, secrétaire général du Conseil national des jeunes de Guinée (CNJ). Il a rappelé que son organisation avait déjà exprimé son engagement à accompagner les JNI et qu’elle avait échangé avec la coordination sur la nécessité d’un déploiement territorial.

Pour le CNJ, le calendrier des célébrations de l’indépendance et les autres activités prévues en 2026 rendaient nécessaire une réorganisation du projet afin de permettre aux différentes régions de mieux s’approprier l’initiative. « Nous avons conseillé à la coordination que les jeux nationaux d’indépendance puissent connaître un décalage et une réorganisation tactique en commençant par le niveau des régions et avant d’achever l’an soixante-neuf au niveau de Conakry », a déclaré Akoï Esaie Béavogui.
Le responsable du CNJ a également insisté sur l’objectif d’inscrire les JNI dans la durée. Selon lui, l’organisation régionale doit permettre de construire une première édition qui puisse ensuite être reconduite au fil des années.
Dans cette perspective, une réunion de cadrage de deux jours doit réunir des représentants des dix régions administratives. Elle doit notamment permettre de présenter la vision du projet, de préciser les modalités d’organisation et de définir les responsabilités des différents acteurs.
Au-delà des compétitions sportives et intellectuelles, les organisateurs ont également annoncé une évolution concernant les récompenses communautaires.
Initialement, le projet prévoyait notamment la réalisation de forages au profit des communautés représentées par les vainqueurs. Cette orientation doit désormais être réexaminée à partir des besoins réels identifiés dans les localités.
Samuel Léno a indiqué que des missions pourraient être menées dans les différentes régions avant juin 2027 afin de recenser les priorités des communautés. Selon les cas, les besoins pourraient concerner des écoles, des infrastructures sanitaires, des points d’eau ou encore d’autres équipements collectifs.
Les cadeaux communautaires doivent être réservés à la grande finale prévue en octobre 2027. En revanche, les participants aux phases régionales devraient bénéficier de cadeaux de participation, de primes individuelles et de récompenses régionales.
Cette approche vise, selon les organisateurs, à faire correspondre les projets communautaires aux besoins exprimés sur le terrain plutôt qu’à imposer un même type d’infrastructure à toutes les localités.
Avec l’élargissement du projet aux différentes régions, la coordination des JNI prévoit également de mettre en place une commission d’organisation chargée du suivi opérationnel de l’initiative.
Samuel Léno a annoncé la nomination de Jean Baptiste Koumasadouno au poste de commissaire général des Jeux Nationaux d’Indépendance. Des vice-commissaires doivent également être désignés dans les régions afin d’accompagner la mise en œuvre des différentes étapes.

Le commissaire général nouvellement nommé a, pour sa part, déclaré mesurer les responsabilités liées à cette fonction et appelé les différents acteurs à contribuer à la réalisation du projet. « Je m’engage ici devant vous, M. le coordinateur national, chers partenaires, chers membres de la presse, à mener à bien ces activités », a déclaré Jean Baptiste Koumasadouno.
Il a également appelé la jeunesse guinéenne à s’approprier le projet et sollicité l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment en matière de conseils, d’accompagnement stratégique et de financement.
L’ambition affichée par la commission est de faire des JNI un rendez-vous durable, avec une première édition organisée à l’échelle nationale en 2027.

Présent à la conférence de presse au nom du ministère des Sports, André Camara a réaffirmé la disponibilité de son département à accompagner techniquement et institutionnellement les organisateurs.
Il a rappelé que le ministère chargé des Sports a notamment pour mission d’accompagner le développement des activités sportives sur l’ensemble du territoire national. « Le ministère en charge des sports, qui a le développement des activités du sport sur le plan national, est tenu d’accompagner techniquement et institutionnellement les activités des Jeux sur le plan national », a indiqué André Camara.
Cette position vient ainsi compléter l’engagement annoncé par le Conseil national des jeunes de Guinée. Les deux structures doivent être associées aux prochaines étapes de préparation, notamment pour la sélection des candidats, l’identification des sites et le choix des infrastructures sportives.
Avant le lancement des compétitions régionales, les organisateurs prévoient un atelier de cadrage de deux jours. Le lieu exact reste à déterminer, plusieurs villes ayant été évoquées, notamment Mamou, Faranah et Kankan.
Cet atelier doit réunir les représentants des régions, les responsables du CNJ, le ministère des Sports ainsi que les membres de l’équipe chargée de la mise en œuvre des JNI.
Il sera notamment question de présenter le calendrier, les modalités de participation, le fonctionnement des compétitions et la répartition des responsabilités entre les différents acteurs.
De leur côté, les organisateurs veulent également maintenir un dispositif d’information destiné au public. Samuel Léno a insisté sur la volonté de communiquer les éventuelles modifications du programme et de rendre publiques les différentes étapes du projet.
Au terme de cette réorganisation, les JNI doivent donc évoluer vers un modèle en plusieurs étapes : compétitions régionales, sélection des représentants, puis grande finale nationale à Conakry.
Pour les organisateurs, le décalage du calendrier ne signifie pas l’abandon du projet, mais une modification de son mode de déploiement. Le CNJ et le ministère des Sports ont réaffirmé leur engagement à accompagner cette nouvelle formule.
La grande finale des Jeux Nationaux d’Indépendance est annoncée pour octobre 2027, après les différentes phases régionales prévues à partir de décembre 2026.
L’initiative s’inscrit par ailleurs dans le contexte des célébrations du 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, placées cette année sous le signe de la jeunesse. Les responsables des JNI souhaitent désormais inscrire l’événement dans un cadre national et régulier, avec une implication progressive des différentes régions du pays.
Ibrahima Foulamory Bah pour regardguinee.org







