L’Union européenne (UE) a détaillé ce mercredi 28 janvier à Conakry ses principaux axes d’intervention en Guinée pour l’année 2026, avec un accent mis sur les infrastructures routières, l’électrification, l’assainissement urbain et la protection de l’environnement.
Lors d’une conférence de presse, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a souligné que Bruxelles entend poursuivre son engagement aux côtés des autorités guinéennes, tout en restant attentive à la consolidation du cadre institutionnel et constitutionnel du pays. « Maintenant, d’autres étapes sont attendues, notamment les élections législatives et locales, ainsi que la mise en œuvre de tout ce qui est prévu par la Constitution que les Guinéens se sont eux-mêmes donnée par leur vote de septembre dernier », a-t-il déclaré.
Sur le plan des projets concrets, l’UE prévoit pour 2026 la livraison d’un centre de stockage temporaire des déchets à Zakopé, dans la périphérie de Conakry, afin de réduire la pression sur la décharge non régulée de Dar-Es-Salam. Ce dispositif doit s’inscrire dans une stratégie plus large d’amélioration de l’assainissement, de la santé publique et du cadre de vie dans le Grand Conakry.
La coopération européenne concerne également la sécurité routière, avec l’appui à un centre de contrôle technique et à l’harmonisation des normes applicables aux véhicules, dans un pays confronté à une forte mortalité liée aux accidents de la circulation. Parallèlement, l’Union européenne soutient le développement des infrastructures routières à vocation régionale, notamment sur l’axe Boké–frontière de la Guinée-Bissau, avec la construction programmée d’un tronçon de 42 kilomètres et d’un pont de près de 300 mètres sur la rivière Kogon, destiné à remplacer un bac hors service et à fluidifier les échanges transfrontaliers.
Dans le secteur énergétique, Bruxelles mise sur des investissements de grande ampleur à travers l’initiative européenne Global Gateway. Plusieurs centaines de millions d’euros mobilisés par le budget européen, la Banque européenne d’investissement et des partenaires européens ont permis le lancement de chantiers portant sur plus de 742 kilomètres de lignes à haute tension, afin de renforcer l’exploitation des barrages hydroélectriques, stabiliser l’approvisionnement de Conakry et favoriser l’exportation d’électricité vers les pays du Sahel.
Alors que plus de la moitié de la population guinéenne a actuellement accès à l’électricité, l’objectif affiché par les autorités est d’atteindre un taux de 100 % à l’horizon 2030, notamment grâce à l’électrification des zones rurales.
La coopération euro-guinéenne s’étend aussi à la protection de l’environnement, avec l’annonce prochaine d’une convention entre le ministère de l’Environnement et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour la préservation des monts Nimba, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO et soumis à de fortes pressions.
Sur le plan économique, l’Union européenne demeure le deuxième partenaire commercial de la Guinée. Les exportations agricoles guinéennes vers l’UE ont triplé entre 2021 et 2024 pour atteindre environ 150 millions d’euros, soutenues par des programmes en faveur des PME agricoles et agroalimentaires. Bruxelles appuie également l’accès au financement, notamment à travers un accord signé en octobre 2025 entre la Banque européenne d’investissement et VistaGui, visant à faciliter le crédit aux entrepreneurs, en particulier aux femmes et aux jeunes. « Nous espérons que ces relations se renforceront encore en 2026 », a conclu Xavier Sticker.
Ibrahima Bah







