Les autorités guinéennes ont officiellement sollicité la France pour la restitution du crâne de l’Almamy Bokar Biro Barry, figure emblématique de la résistance à la colonisation française, ainsi que de ceux de trois de ses compagnons. L’annonce a été faite par le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, dans un entretien accordé à RFI.
Selon le ministre, la demande officielle a été transmise aux autorités françaises le 27 juillet 2026. Elle intervient après une première requête formulée quelques jours plus tôt concernant la restitution des effets personnels de l’Almamy Samory Touré. Ces démarches s’inscrivent dans la politique engagée par la Guinée pour récupérer des biens et vestiges considérés comme faisant partie de son patrimoine historique et de sa mémoire nationale. « Depuis mi-juillet, nous avions déjà fait une autre demande à la France portant sur les objets personnels de l’Almamy Samory Touré. À la suite de cette première demande, des recherches ont été effectuées, à notre demande, au sujet du crâne de l’Almamy Bokar Biro Barry et de ses compagnons. Fin juillet, la partie française nous a informés que ces crânes avaient été retrouvés. Nous avons alors déposé la demande officielle de restitution », a expliqué Moussa Moïse Sylla.
Le ministre de la Culture précise que cette procédure s’appuie sur la législation française adoptée en 2023, qui encadre la restitution des restes humains conservés dans les collections publiques.
Dans cette perspective, la Guinée a constitué un comité scientifique chargé de préparer le retour de ces restes humains. Les autorités espèrent que cette restitution pourra intervenir dans un délai d’un à deux ans.
Pour les autorités guinéennes, le retour du crâne de Bokar Biro Barry revêt une forte portée historique et symbolique. « Ce n’est pas quelqu’un d’anodin dont le crâne doit continuer à être exposé dans un musée en France. Le crâne de Bokar Biro mérite de retourner en Guinée, tout comme ceux de ses compagnons, puisqu’il s’agit d’une personnalité qui a marqué l’histoire de l’opposition à la pénétration coloniale en République de Guinée », a affirmé le ministre.
Dernier Almamy de l’État théocratique du Fouta-Djalon, Bokar Biro Barry s’était opposé à l’avancée des troupes coloniales françaises à la fin du XIXᵉ siècle. Après sa défaite en 1896, il avait été tué puis décapité. Son crâne avait ensuite été transféré en France, où il est aujourd’hui conservé au Musée de l’Homme, à Paris.
Ces dernières années, la France a notamment restitué plusieurs restes humains à des pays africains, dont 24 crânes de résistants algériens en 2020 et trois crânes à Madagascar en 2025.
Foulamory Bah pour regardguinee.org







