
Le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a présidé ce mercredi 4 novembre 2026, à Conakry, la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition de la Simulation du Modèle des Nations unies (GUIMUN 2026). Cette rencontre internationale, qui rassemble 244 délégués venus de plusieurs pays africains, constitue un cadre d’apprentissage de la diplomatie, du dialogue multilatéral et de la recherche de solutions aux défis mondiaux.
Placée sous le thème : « 80 ans et plus, et si la promotion de la paix et de la sécurité mondiales commençait par la révolution des NTIC et l’IA ? », cette deuxième édition se déroule pendant trois jours, en présence de plusieurs représentants d’institutions accréditées en Guinée et de l’ambassadeur de l’événement, Mamoudou Gnagnalé Barry.
À travers cette initiative, les organisateurs ambitionnent de familiariser les jeunes avec le fonctionnement des institutions internationales, notamment l’Organisation des Nations unies, tout en développant leurs capacités à négocier, défendre des positions et construire des consensus autour des grandes questions internationales.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a salué l’engagement des jeunes initiateurs de cette rencontre. Il a particulièrement insisté sur l’importance de la connaissance des réalités africaines et de la maîtrise des enjeux internationaux pour mieux défendre les intérêts du continent.
« Vous voulez défendre votre continent. Apprenez à connaître ses réalités, ses ressources, ses difficultés et ses intérêts. Apprenez aussi à connaître vos interlocuteurs. Une parole préparée porte beaucoup plus loin, effectivement, qu’une indignation », a-t-il conseillé aux participants.
Pour le ministre, cette simulation représente une véritable école de responsabilité, où les jeunes doivent apprendre non seulement à prendre la parole, mais également à écouter, à comprendre les positions divergentes et à rechercher des compromis.
Abordant les défis liés aux relations internationales, Lansana Béa Diallo a également rappelé que les discussions diplomatiques doivent toujours prendre en compte les réalités humaines qui se cachent derrière les grandes problématiques mondiales.
« Derrière une discussion sur les conflits, il y a des familles qui cherchent à vivre en sécurité. Derrière une discussion sur le climat, il y a un agriculteur qui s’inquiète pour ses récoltes. Derrière une discussion sur les migrations, il y a parfois un jeune qui ne voit plus de perspective chez lui. Derrière une discussion sur l’intelligence artificielle, il y a un étudiant qui se demande quel métier il pourra exercer demain », a-t-il souligné.
Poursuivant son intervention, le ministre a réaffirmé l’engagement de son département à développer les compétences, à encourager la participation citoyenne et à offrir aux jeunes les moyens d’assumer pleinement leurs responsabilités. Il a également rappelé la volonté du président de la République de placer la jeunesse au cœur des priorités nationales.

De son côté, Hadja Kadiatou Diallo, coordinatrice générale de GUIMUN 2026, a expliqué que cette initiative socio-éducative et bénévole vise à initier les jeunes à la diplomatie, aux relations internationales, aux droits humains et au multilatéralisme.
« Notre objectif, c’est d’initier les jeunes à la diplomatie, aux relations internationales, aux droits et au multilatéralisme, bien sûr, et surtout à pouvoir dialoguer dans la paix, dans le respect des différences et dans le respect de l’autre », a-t-elle expliqué.
Selon elle, depuis le lancement des activités en mars 2026, environ 500 jeunes ont déjà bénéficié des formations et des différentes simulations organisées dans le cadre du programme.
Revenant sur le choix du thème de cette édition, la coordinatrice générale a mis en avant le potentiel des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.
« Nous avons décidé cette année de faire travailler ces jeunes-là par rapport à l’IA et aux NTIC parce que nous estimons que ces deux outils peuvent être utilisés pour prévenir, maintenir la paix et pour avoir un monde plus sûr », a-t-elle précisé.
Durant les 72 heures de travaux, les participants, répartis entre représentants d’États, d’organisations internationales et de pays observateurs, prendront part à des discours de positionnement, des débats formels et informels, avant de procéder à la finalisation et au vote des résolutions.
L’ambition est de produire un programme décennal contenant des propositions concrètes sur l’utilisation des technologies numériques et de l’intelligence artificielle au service d’un monde plus pacifique et plus sûr. Une résolution qui pourrait notamment servir de référence aux États et aux partenaires intéressés par ces enjeux.

Pour sa part, l’ambassadeur de cette deuxième édition, Mamoudou Gnagnalé Barry, a exhorté les jeunes à croire en leur potentiel et à faire de la formation, du dialogue et de l’engagement citoyen des leviers essentiels de leur participation au développement du continent.
Il a notamment salué une jeunesse consciente de son rôle dans la construction de l’avenir et déterminée à acquérir les connaissances nécessaires pour participer efficacement aux décisions.
« C’est une fierté d’être un ambassadeur, de pouvoir parler à nos jeunes, comme on nous a parlé dans le passé », a-t-il déclaré, avant de souhaiter plein succès aux travaux de GUIMUN 2026.
Au-delà de cette deuxième édition, les organisateurs envisagent déjà une nouvelle étape pour 2027. Selon Hadja Kadiatou Diallo, leur structure, désormais formalisée en ONG sous l’appellation Youth for Peace and Security (Jeunesse pour la paix et la sécurité), prévoit de lancer la Semaine de simulation des organisations (SOS).
Cette nouvelle initiative permettra d’élargir les simulations à d’autres institutions internationales et régionales, notamment l’Union africaine, l’Union européenne et la CEDEAO, en complément de l’Assemblée générale des Nations unies et du Conseil de sécurité.

À travers GUIMUN 2026, la jeunesse africaine entend ainsi se donner les moyens de mieux comprendre les relations internationales, de faire entendre sa voix et de prendre une part active à la construction d’un monde fondé sur la paix, le dialogue et la coopération.

Alpha Bah