Élu député à la prochaine Assemblée nationale, le président d’honneur du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, annonce qu’il entend faire des disparitions forcées l’un de ses premiers combats au Parlement. Dans une interview accordée à Guinéenews, l’opposant affirme vouloir initier une commission parlementaire afin de faire la lumière sur les cas de citoyens portés disparus en Guinée.
Seul député élu sous la bannière du Bloc Libéral à l’issue des élections législatives, Dr Faya Lansana Millimouno assure qu’il compte utiliser son mandat pour porter des dossiers qu’il juge prioritaires pour les Guinéens. Parmi eux figure la question des disparitions forcées, qu’il estime insuffisamment prise en charge par les institutions judiciaires. « J’entends, avec des collègues qui seront d’accord avec moi, soumettre une motion pour qu’une commission parlementaire se penche sur la question. Parce que la justice, comme je l’ai dit dans l’une de mes tribunes, n’appartient plus aujourd’hui à la communauté nationale. La justice appartient désormais au plus fort. »
Selon l’ancien candidat à l’élection présidentielle, le futur Parlement devra jouer pleinement son rôle de contrôle lorsque les autres institutions ne parviennent pas à apporter des réponses aux familles concernées. Il estime que les proches des personnes disparues attendent toujours des explications sur le sort de leurs parents.
Au-delà de cette initiative, le député élu annonce également qu’il défendra plusieurs réformes touchant aux secteurs de l’éducation et de l’agriculture. Il plaide notamment pour une implication plus forte de l’État dans le financement de l’enseignement privé afin d’alléger les charges des familles et d’améliorer les conditions de travail des enseignants.
Il souhaite aussi que les futures lois budgétaires accordent davantage de moyens au monde rural, qu’il considère comme un levier essentiel du développement économique. « Nous n’avons pas besoin de continuer à produire des discours à Conakry pendant que, dans les champs, on continue encore à utiliser la daba. Il faut un véritable soutien au monde paysan à travers toutes les lois qui seront adoptées, notamment la loi de finances. Donc, nous avons un agenda très, très costaud. »
Dans le même entretien, Dr Faya Lansana Millimouno s’est également exprimé sur le profil du futur président de l’Assemblée nationale, estimant que l’institution devra être dirigée par une personnalité attachée aux valeurs républicaines et capable de garantir un meilleur équilibre des pouvoirs.
Ibrahima Foulamory Bah pour regardguinee.org







