Le gouvernement guinéen a franchi une nouvelle étape dans la reconfiguration du paysage politique national. Par un arrêté rendu public le vendredi 6 mars 2026, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a ordonné la dissolution de quarante partis politiques pour non-respect de leurs obligations légales. Une décision aux conséquences immédiates, qui entraîne non seulement la disparition juridique de ces formations, mais aussi la saisie de leurs biens et la fermeture de leurs sièges.
Selon le texte officiel, la dissolution prononcée par l’autorité administrative met fin à l’existence légale des partis concernés. L’acte précise en effet que « la présente dissolution entraîne la perte immédiate de la personnalité morale et du statut juridique des formations concernées », ce qui signifie que ces organisations ne peuvent plus agir ni s’exprimer en tant qu’entités politiques reconnues.
Dans la même logique, l’arrêté interdit toute activité menée en leur nom. « Toutes activités politiques au nom de ces partis sont interdites sur l’ensemble du territoire national et dans les missions diplomatiques », stipule le document. Cette mesure vise à empêcher toute tentative de maintien d’activités ou de mobilisation politique sous leurs anciennes appellations.
Sièges fermés et symboles interdits
Au-delà de l’aspect juridique, la décision gouvernementale s’accompagne de mesures concrètes sur le terrain. Les autorités ont ordonné la fermeture immédiate des locaux servant de sièges aux formations dissoutes, qu’il s’agisse de leurs représentations nationales ou de leurs antennes locales.
L’arrêté ministériel précise également que l’usage de leurs identités visuelles est désormais prohibé. « L’utilisation des sigles, logo, emblème et autres signes distinctifs est prohibée. Les locaux abritant les sièges nationaux et les représentations déconcentrées sont mis sous scellés », indique le texte officiel.
Cette disposition concerne plusieurs partis bien connus du paysage politique guinéen, notamment l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel ou encore l’UFR, dont les structures figurent parmi celles touchées par la décision.
Le patrimoine des partis placé sous contrôle de l’État
L’une des mesures les plus marquantes de cet arrêté concerne la gestion des biens appartenant aux formations politiques dissoutes. L’État a décidé de placer leurs patrimoines sous séquestre, une procédure juridique qui consiste à bloquer et administrer provisoirement leurs actifs.
L’article 3 de l’arrêté précise ainsi que « le patrimoine des partis dissous est placé sous séquestre ». Pour administrer ces biens, les autorités prévoient la désignation d’un curateur chargé de superviser leur gestion et d’organiser leur dévolution conformément aux dispositions légales.
Cette procédure vise notamment à encadrer l’ensemble des ressources matérielles, immobilières ou financières accumulées par ces formations au cours de leurs activités politiques.
Les autorités administratives et sécuritaires mobilisées
Afin d’assurer l’application effective de cette décision sur l’ensemble du territoire, le ministère de l’Administration du Territoire a mobilisé plusieurs structures administratives et sécuritaires. La mise en œuvre de l’arrêté implique notamment la direction générale des affaires politiques, la direction générale des élections, ainsi que les forces de sécurité.
Le texte précise que la direction générale de la police nationale, le haut-commandement de la gendarmerie nationale, ainsi que les gouverneurs et préfets sont chargés de veiller à l’exécution de cette mesure. L’objectif est de garantir le respect strict de la décision dans toutes les régions du pays.
Une décision dans un contexte préélectoral
Cette dissolution massive intervient dans un contexte politique particulier en Guinée. Le pays se prépare en effet à l’organisation d’élections législatives et communales annoncées pour le 24 mai prochain.
Sékou Nesta







