La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a engagé des investigations sur la gestion du Fonds de développement économique local (FODEL), après des irrégularités relevées dans la gestion de ressources financières destinées aux collectivités locales des zones minières. L’enquête porte sur la période 2015-2021 et concerne notamment un montant de plus de 144 milliards de francs guinéens qui, selon les éléments rapportés, n’aurait pas atteint sa destination prévue.
D’après les données attribuées à un rapport de la Cour des comptes, douze compagnies minières opérant en Guinée auraient versé, entre 2015 et 2020, un montant total de 297,636 milliards GNF au titre du FODEL. Sur cette somme, 153,572 milliards GNF auraient effectivement été reversés aux bénéficiaires concernés, laissant apparaître un écart de 144,063 milliards GNF.
Ces ressources sont destinées à contribuer au financement du développement économique et social des collectivités impactées par les activités minières. Elles doivent notamment soutenir des initiatives locales et des projets susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations concernées.
Face aux irrégularités présumées relevées dans la gestion de ces fonds, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur l’utilisation des ressources concernées et de déterminer d’éventuelles responsabilités.
Les investigations mobiliseraient plusieurs services compétents, dont l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ) et les Services spéciaux. Une équipe comprenant des magistrats du parquet spécial et des officiers de police judiciaire serait chargée de conduire les investigations.
Selon les informations disponibles, l’enquête devrait également s’intéresser à la gestion du FODEL dans plusieurs localités minières, notamment Boké, Dabiss, Tougnifily et Dinguiraye. Des responsables ayant participé à différents niveaux à la gestion des fonds pourraient être entendus dans le cadre de la procédure.
Le dossier porte également sur les conditions d’attribution de certains prêts revolving. Ces mécanismes de financement étaient notamment destinés à accompagner des activités économiques portées par des groupements de femmes et de jeunes dans les collectivités bénéficiaires. Des anomalies auraient toutefois été relevées dans leur attribution et leur gestion.
L’ouverture de cette enquête devrait ainsi permettre aux autorités judiciaires de vérifier la traçabilité des fonds, d’établir leur destination effective et, le cas échéant, de situer les responsabilités conformément à la législation guinéenne.
Il faut préciser que, l’ouverture d’une enquête ne constitue pas une déclaration de culpabilité à l’encontre des personnes susceptibles d’être entendues ou visées par les investigations. Il appartiendra aux enquêteurs et aux juridictions compétentes d’établir les faits et les éventuelles responsabilités sur la base des éléments recueillis au cours de la procédure.
Sékou Nesta pour regardguinee.org







