Le gouvernement guinéen veut faire de l’éducation un levier de réconciliation nationale et de réduction des inégalités sociales. En présidant ce mercredi 6 mai 2026 la cérémonie de pose de la première pierre du complexe académique intégré de Bambéto, le Premier ministre Amadou Oury Bah a présenté ce projet comme une réponse forte aux frustrations accumulées dans plusieurs quartiers de la capitale en matière d’infrastructures publiques.
Devant les autorités administratives, les responsables éducatifs et les populations mobilisées pour l’événement, le chef du gouvernement a souligné que la future infrastructure — composée d’une école primaire, d’un collège et d’un lycée — dépasse le simple cadre éducatif et porte une dimension sociale et historique.
> « La construction de cette école, de ce complexe académique comportant une école primaire, un collège et un lycée, n’est qu’un acte de justice. Justice parce que, pendant très longtemps, les populations de ce pays ont été divisées. Ces populations ont été opposées par des gouvernances qui aimaient le pouvoir, mais qui n’aimaient pas la population guinéenne, et qui ont provoqué beaucoup de tragédies dont de nombreuses familles de cette zone portent encore les marques aujourd’hui », a déclaré le Premier ministre.
À travers cette sortie, Bah Oury a clairement inscrit ce projet dans la dynamique de transformation engagée par les autorités de la transition en Guinée. Selon lui, l’école reste l’un des outils les plus puissants pour construire une société stable, réduire la violence sociale et ouvrir des perspectives à la jeunesse.
> « Notre présentateur vient de rappeler les écrits de Victor Hugo : “En construisant une école, on ferme des prisons.” En construisant une école, on offre des perspectives aux jeunes afin qu’ils puissent se construire et se projeter dans l’avenir. En construisant une école, on forme des personnes capables d’être des citoyens modèles, au service d’eux-mêmes et du pays tout entier. C’est la vocation première du président de la République, le président Mamadi Doumbouya, depuis sa prise de pouvoir », a affirmé Amadou Oury Bah.
Le futur complexe académique de Bambéto s’inscrit ainsi dans une politique plus large de rééquilibrage territorial et social. Le Premier ministre a insisté sur le fait que cette orientation n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie mûrement réfléchie visant à prendre en compte toutes les couches de la population, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones périphériques et rurales.
> « Ce n’est pas quelque chose qui est venu de manière fortuite. Cela répond à une conviction, à une détermination et à une constance d’aller dans cette direction. Toute la politique menée ces quatre dernières années est bâtie sur l’indispensable nécessité d’assurer l’équité et de prendre en compte tous les territoires et toutes les populations guinéennes, qu’elles vivent dans les grandes villes, dans les banlieues ou à l’intérieur du pays », a expliqué le chef du gouvernement.
Pour les autorités, cette future école moderne symbolise également une volonté de tourner définitivement la page des fractures sociales et ethniques qui ont marqué certaines périodes de l’histoire politique guinéenne.
Dans son allocution de clôture, le Premier ministre a décrit le complexe académique comme un futur symbole de cohésion nationale, destiné à rapprocher les communautés et à offrir les mêmes chances aux enfants, indépendamment de leur origine sociale ou géographique.
À Bambéto, quartier longtemps confronté à des tensions sociopolitiques et à un déficit d’infrastructures publiques, ce projet éducatif apparaît désormais comme un signal fort envoyé par les autorités guinéennes.
Foulamory Ba pour regardguinee.org







