Soixante jeunes Guinéens vont bénéficier d’une formation spécialisée en conduite de train en Chine dans le cadre du développement de la Compagnie du TransGuinéen (CTG). La cérémonie de départ des stagiaires s’est tenue ce mardi 6 octobre 2026 au port de Moribayah, dans la préfecture de Forécariah, en présence de plusieurs responsables du projet Simandou, des autorités administratives locales et des représentants des partenaires impliqués dans le programme.
Le ministre secrétaire général de la Présidence de la République et membre du comité stratégique de Simandou, le Général Amara Camara, a présidé la cérémonie au nom du président du comité stratégique du projet Simandou, Djiba Diakité. Des responsables de la CTG, des représentants de CR4 et de COVEC, ainsi que des autorités locales et des sages de Forécariah ont également pris part à la rencontre.
Au-delà du départ de cette première cohorte, les interventions ont principalement porté sur la formation de compétences guinéennes appelées à participer à l’exploitation et à la maintenance des infrastructures ferroviaires du projet Simandou.
Dans le message du président du comité stratégique de Simandou, lu par le Général Amara Camara, la formation des 60 stagiaires a été présentée comme une étape liée à la nécessité de disposer de ressources humaines nationales capables d’accompagner les infrastructures du projet.
Le corridor ferroviaire de Simandou doit notamment s’appuyer sur un réseau d’environ 650 kilomètres de voies ferrées en double voie, comprenant des tunnels et des ponts. « Le corridor ferroviaire de Simandou est un ouvrage exceptionnel. Environ 650 km de rails en double voie avec des tunnels mais aussi des ponts. Et derrière ces infrastructures, y a surtout les hommes et les femmes qui devront les exploiter, qui devront les entretenir et les faire durer dans le temps et c’est tout le sens de la formation que nous avons lancé aujourd’hui », a déclaré le Général Amara Camara.
Dans cette logique, la formation des conducteurs constitue l’un des volets du développement des compétences nécessaires au fonctionnement de la future infrastructure ferroviaire.
Le secrétaire général de la présidence de la République a également insisté sur le transfert de connaissances attendu au terme de la formation en Chine. Les stagiaires sont appelés non seulement à acquérir des compétences techniques, mais aussi à les transmettre à d’autres travailleurs guinéens à leur retour. « Vous allez en Chine, pour apprendre, pour découvrir des nouvelles et des nouvelles méthodes de travail et bénéficier également des expériences d’un pays qui dispose d’une grande expertise ferroviaire. Vous partez en mission, votre mission ne se limite pas au simple apprentissage, vous devrez revenir avec ce que vous aurez appris et surtout vous devrez le transmettre à vos collègues et à d’autre guinéens », a indiqué le Général Amara Camara.
Pour le directeur général adjoint de la Compagnie du TransGuinéen, Moussa Bérété, cette formation s’inscrit dans une démarche visant à associer l’exploitation des ressources minières au développement des compétences et des emplois locaux.
À ses yeux, les 60 stagiaires constituent la première vague de Guinéens appelés à suivre ce parcours de formation dans le domaine de la conduite ferroviaire. « Aujourd’hui, nous parlons ici au port de Moribayah, la cérémonie de départ de 60 guinéens pour aller se former en Chine. Cette évolution est le sens que nous voulons donner à ce projet. Transformer les richesses de la Guinée en compétences, en emplois et en opportunité pour les entrepreneurs guinéens. C’est dans cette esprit s’inscrit la vision du président Mamadi Doumbouya quand il dit de faire la CTG une société guinéenne pour les Guinéens », a expliqué Moussa Bérété.
Le directeur général adjoint de la CTG a également rappelé aux stagiaires les attentes liées à leur retour en Guinée. Au-delà de la conduite des locomotives, la transmission des connaissances acquises en Chine constitue, selon lui, un autre enjeu du programme.
Cette dimension rejoint l’objectif présenté par les responsables de Simandou de faire de la formation professionnelle un volet du projet intégré mine-infrastructures.
Prenant la parole au nom des 60 participants, Jeano Roger a souligné la responsabilité qui accompagne leur départ pour la Chine. Il a notamment évoqué les exigences liées à la sécurité, à la qualité et à la maîtrise des technologies ferroviaires. « SIMANDU représente bien plus qu’un projet minier ou ferroviaire. Il constitue une véritable opportunité historique pour la transformation économique et industrielle de notre pays. La construction et l’exploitation de cette infrastructure nécessitent des hommes et des femmes compétents, disciplinés et capables de répondre aux exigences internationales en matière de sécurité, de qualité, de technologie et de performance », a déclaré le porte-parole des stagiaires.
Pour les participants, la formation doit ainsi permettre de préparer différents profils appelés à intervenir dans l’exploitation ferroviaire, notamment dans la conduite, la maintenance, la sécurité et la gestion des infrastructures.
Le porte-parole a par ailleurs appelé ses collègues à tirer profit de leur séjour en Chine, aussi bien sur le plan technique que dans la découverte des méthodes de travail et des technologies ferroviaires utilisées dans le pays d’accueil.
La cérémonie a également enregistré l’intervention du préfet de Forécariah, le Colonel Mamadou Lamarana Diallo. Au nom des populations de la préfecture, il a exprimé sa satisfaction face aux actions engagées dans le cadre du projet.
Dans son intervention, il a notamment mis en avant les réalisations engagées depuis le changement intervenu en septembre 2021. « Il faut le reconnaître depuis le 5 septembre jusqu’à nos jours, le peu qui réalisé, à travers de tous ceux qui seraient sont succédé, si chacun faisait au moins 15% de ce que vous vous avez fait pour les Guinéens, la Guinée, notre pays n’allait pas être là où nous sommes aujourd’hui », a déclaré le préfet de Forécariah.
Pour les responsables de la CTG et les représentants des stagiaires, l’enjeu du programme dépasse donc la seule formation de conducteurs de locomotives. Il s’agit également de constituer progressivement une expertise nationale susceptible d’accompagner l’exploitation des infrastructures ferroviaires.
Ibrahima Foulamory Bah pour regardguinee.org






