Toute transformation profonde d’une nation a un coût. Elle bouleverse des habitudes, remet en question des privilèges, exige des sacrifices et peut parfois provoquer des incompréhensions. La refondation de la Guinée ne peut pas être différente.
La refondation va certainement faire mal à certaines personnes, notamment à celles qui avaient fini par s’accommoder des dysfonctionnements, des anciennes pratiques et des privilèges du système. Mais lorsqu’une réforme vise à construire des institutions plus solides, une administration plus efficace, une économie plus productive et une société davantage tournée vers l’avenir, la question essentielle doit être celle de l’intérêt général.
Les grandes nations ont elles aussi payé le prix du changement
Lorsque nous regardons l’histoire des pays aujourd’hui considérés comme développés, nous constatons qu’aucun d’eux n’a atteint son niveau actuel en un jour. Ils ont connu des crises, des réformes douloureuses, des transformations institutionnelles, des sacrifices sociaux et économiques, parfois même des périodes de profondes tensions.
Le développement n’est donc pas seulement une question de ressources naturelles. Il repose également sur la capacité d’un peuple à transformer ses institutions, ses mentalités, son système éducatif, son économie et sa manière de concevoir l’État.
Pourquoi la Guinée devrait-elle être condamnée à reproduire indéfiniment les mêmes erreurs ?
Notre pays possède d’immenses potentialités : ressources minières, terres agricoles, façade maritime, jeunesse nombreuse, position géographique stratégique et une population dont l’ambition ne demande qu’à être mieux accompagnée.
La véritable question n’est donc pas seulement de savoir ce que possède la Guinée, mais plutôt : que sommes-nous prêts à faire collectivement pour transformer ces richesses en prospérité durable ?
La refondation ne doit pas être l’affaire d’un seul homme
Il serait cependant réducteur de considérer la refondation comme l’œuvre d’une seule personne ou d’une seule institution.
Une nation ne se transforme durablement que lorsque ses citoyens prennent leur part de responsabilité.
L’État a ses responsabilités. Les dirigeants ont les leurs. L’administration, le secteur privé, les collectivités, les organisations de la société civile, les intellectuels, les jeunes, les femmes et la diaspora ont également leur rôle à jouer.
Chacun doit accepter de changer quelque chose.
Changer nos habitudes.
Changer notre rapport au travail.
Changer notre rapport au bien public.
Changer notre manière de servir l’État.
Changer notre conception de la responsabilité citoyenne.
Changer surtout notre vision de l’avenir.
Nous ne pouvons pas réclamer une nouvelle Guinée tout en conservant les comportements qui ont contribué aux difficultés de l’ancienne.
La jeunesse doit être au cœur de cette transformation
La jeunesse guinéenne ne doit pas être seulement spectatrice des changements. Elle doit en être l’une des principales actrices.
Une jeunesse bien formée, responsable, entreprenante et patriote peut devenir le moteur de la transformation économique et sociale du pays.
Les grands projets nationaux, notamment ceux liés aux infrastructures, aux mines, à l’agriculture, aux transports, au numérique, à l’éducation et à la formation professionnelle, doivent permettre à cette jeunesse de trouver sa place dans la construction nationale.
Notre ambition ne devrait pas être simplement de chercher un emploi. Elle doit aussi être de créer de la valeur, créer des entreprises, inventer des solutions et participer à la construction de notre pays.
Soutenir la dynamique de la GMD : participer à une vision collective
Dans ce contexte, soutenir la GMD peut être compris comme une volonté de participer à une dynamique politique qui affirme vouloir accompagner la transformation et la construction d’une nouvelle étape pour la Guinée.
Mais soutenir une dynamique politique ne devrait jamais signifier renoncer à son esprit critique ou à sa responsabilité citoyenne.
Le véritable soutien à une vision nationale se mesure aussi par la capacité à contribuer positivement, à proposer des solutions, à défendre l’intérêt général et à demander des résultats.
La Guinée appartient à tous ses enfants.
Nous devons donc dépasser les calculs individuels, les querelles personnelles et les intérêts immédiats lorsque ceux-ci entrent en contradiction avec l’intérêt collectif.
Construire aujourd’hui ce que nous voulons transmettre demain
Nous devons accepter une vérité simple : nous ne pouvons pas vouloir les résultats des pays développés sans accepter les efforts, les réformes et la discipline qui ont contribué à leur transformation.
La Guinée doit construire ses propres modèles, à partir de son histoire, de ses réalités et de ses potentialités.
La refondation ne doit pas seulement être un slogan. Elle doit se traduire par des institutions crédibles, une administration performante, une justice efficace, une lutte réelle contre les détournements des ressources publiques, une meilleure gouvernance, une économie créatrice d’emplois et une éducation adaptée aux besoins du pays.
C’est un chantier immense.
Il demandera du temps, de la patience et des sacrifices.
Mais quel héritage voulons-nous laisser aux générations futures ?
Une Guinée qui continue de reproduire ses difficultés ou une Guinée capable de transformer ses ressources en opportunités, sa jeunesse en force et ses ambitions en résultats ?
Notre responsabilité est maintenant
Le changement ne doit pas être attendu uniquement du sommet de l’État.
Il commence aussi dans nos familles, nos entreprises, nos administrations, nos écoles, nos quartiers et nos communautés.
Chacun peut contribuer à la transformation du pays.
La Guinée de demain ne sera pas construite par les autres. Elle sera construite par les Guinéens.
La refondation peut être difficile. Elle peut déranger. Elle peut remettre en cause certaines habitudes et certains intérêts. Mais si elle est conduite dans le respect des institutions, de la justice, de l’équité et de l’intérêt général, elle peut aussi constituer une opportunité historique de construire un État plus solide et une société plus prospère.
Soutenons les dynamiques qui placent l’intérêt national au-dessus des intérêts particuliers. Soutenons la construction plutôt que la division, le travail plutôt que l’attentisme, la responsabilité plutôt que la facilité.
Parce qu’au bout du compte, ce n’est pas seulement l’avenir d’un gouvernement ou d’une génération qui est en jeu : c’est l’avenir de la Guinée.
Notre chère Guinée, à nous tous.






