Alors que le président Mamadi Doumbouya appelle les Guinéens au rassemblement au lendemain de son élection, Cellou Dalein Diallo affiche une position nuancée sur la question du dialogue politique. Dans une interview accordée à RFI, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) affirme n’avoir jamais rejeté le principe du dialogue, tout en soulignant que celui-ci ne peut être crédible qu’à certaines conditions liées au respect des libertés et au retour effectif à l’ordre constitutionnel.
L’ancien Premier ministre rappelle que le dialogue a toujours été, selon lui, un instrument privilégié pour éviter les crises politiques que traverse la Guinée. Il regrette toutefois que les autorités actuelles aient systématiquement fermé la porte à cette option. « Vous savez, le dialogue politique, moi, j’ai toujours prôné le dialogue pour éviter ce qui nous est arrivé. Malheureusement, ils ne l’ont jamais accepté », déclare-t-il, évoquant un climat de confrontation imposé par le pouvoir.
Cellou Dalein Diallo précise néanmoins qu’il ne rejette pas par principe la main tendue du chef de l’État, à condition que celle-ci soit sincère et s’inscrive dans un cadre précis. Il insiste sur la nécessité de discussions axées sur des réformes fondamentales, et non sur une simple opération de communication politique. « Si c’est pour discuter de retour effectif à l’ordre constitutionnel, pour restaurer les libertés publiques, pour assurer davantage la protection des droits d’humains, je serai ouvert, si c’est le cas », affirme le leader de l’UFDG.
Pour l’opposant, l’absence de libertés publiques et de démocratie vide de sa substance tout appel au rassemblement national. Il estime que le contexte actuel ne permet pas une expression libre de la volonté populaire et remet en cause la crédibilité des processus politiques récents. « Il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie. Vous savez bien que cette mascarade, aussi bien pour le référendum que pour l’élection présidentielle, il n’y a pas eu de vote », martèle-t-il.
À travers cette position, Cellou Dalein Diallo entend souligner que le dialogue politique ne peut être dissocié de la légitimité démocratique et du respect des droits fondamentaux. Selon lui, toute tentative de rassemblement qui ne s’attaquerait pas à ces questions de fond serait vouée à l’échec, dans un contexte où la défiance entre le pouvoir et une partie de l’opposition demeure profonde.
Regard Guinée
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