Le procès en appel de Dr Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, est entré ce mardi 20 janvier 2025 dans une phase décisive devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette étape de la procédure a été marquée par les plaidoiries des parties et les réquisitions, dans une affaire aux enjeux financiers majeurs pour l’État guinéen.
Condamné en première instance le 14 mai 2025 à quatre ans d’emprisonnement pour enrichissement illicite, avec confiscation d’une grande partie de ses biens, Dr Ibrahima Kourouma avait toutefois été relaxé du chef de détournement de deniers publics. C’est contre cette décision partielle que des appels ont été interjetés, ouvrant la voie à un réexamen du dossier par la juridiction d’appel.
Lors des audiences, les avocats de la partie civile, représentant l’État guinéen, ont sollicité l’infirmation de la relaxe prononcée en première instance concernant le détournement de deniers publics. Me Pépé Antoine Lamah et Me Faya Gabriel Kamano ont demandé à la Cour de retenir Dr Ibrahima Kourouma dans les liens de la prévention et de le condamner conformément aux réquisitions du ministère public.
Au nom de l’État guinéen, la partie civile a également réclamé la restitution des fonds présumés détournés, évalués à 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars américains. À ces montants s’ajoute une demande de confiscation des biens du prévenu, ainsi que le paiement de cinq milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
De son côté, le ministère public, représenté par le procureur spécial Aly Touré, a indiqué avoir formé un appel incident, sollicitant la confirmation pure et simple du jugement de première instance. Selon le parquet spécial, les décisions rendues en première instance reposent sur une application correcte de la loi.
La défense de Dr Ibrahima Kourouma a, pour sa part, contesté les accusations d’enrichissement illicite, estimant qu’aucun élément probant ne permettrait d’en établir le montant exact. Les avocats ont ainsi demandé l’infirmation partielle de la condamnation pour enrichissement illicite et la confirmation de la relaxe pour détournement de deniers publics. À titre subsidiaire, ils ont sollicité une peine équivalente à la durée déjà passée en détention, l’ancien ministre étant incarcéré depuis près de quatre ans.
Concernant Mohamed V. Sankhon, ex-directeur des affaires financières, aucune des parties n’ayant interjeté appel de sa relaxe prononcée en première instance, sa défense a demandé à la Cour de confirmer cette décision sans modification.
À l’issue des débats, Dr Ibrahima Kourouma et son co-prévenu ont déclaré s’en remettre à la sagesse de la Cour. Le président de la chambre, le juge Francis Kova Zoumanigui, a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le mardi 10 février 2026.
Ibrahima Bah pour regardguinee.org
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