Le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’Étranger, Morissanda Kouyaté, a annoncé ce jeudi 26 février 2026, la mise en place d’une commission d’enquête bilatérale avec l’Allemagne et la révision de l’accord migratoire de 2018, concernant la situation de 6 000 Guinéens établis en Allemagne, dont 120 ont été rapatriés en Guinée après épuisement de leurs recours.
S’exprimant lors d’une conférence de presse au siège de son département, le chef de la diplomatie guinéenne a insisté sur la volonté du gouvernement de défendre les droits des ressortissants guinéens, tout en privilégiant la négociation avec Berlin et l’Union européenne. « Tant que nous continuons avec l’Allemagne, j’ai dit qu’il faut faire une pause, pour qu’on voit clair, un, il y a des Guineans qui ont dit qu’ils ont été molestés, on va enquêter ensemble, pour voir si ça a été fait, et pour qu’on condamne ceux qui l’ont fait, et deuxièmement, nous allons continuer à discuter, pour voir comment nos relations peuvent être bonnes dans l’application de cela, que toutes les deux parties soient satisfaites, c’est ça la diplomatie, nous ne sommes pas tous puissants en Allemagne, l’Allemagne n’est pas toute puissante en Guinée, chacun a ses lois, chacun a ses règles, il faut négocier, nous allons négocier dans le bien, pour le bien de nos compatriotes qui sont là-bas, et qui sont dans des situations difficiles, ils n’ont pas de séjour régulier, vous imaginez, vous avez 6 000 compatriotes qui ne sont pas dans les règles, et vous tapez sur la table.» annonce le ministre Morissanda Kouyaté visiblement très remonté.
Selon lui, les 120 Guinéens récemment accueillis à Conakry ne relèvent pas d’expulsions arbitraires. « Ce ne sont pas des expulsions n’importe comment, j’ai expliqué, et l’ambassadeur est là, que ceux qui viennent ici, ce sont ceux qui ont épuisé tous les recours, il ne reste plus qu’à rester en prison, ou à être renvoyés dans leur pays. Nous avons choisi de les accueillir, ils sont depuis quatre ans, ils sont 120… » a-t-il affirmé, refusant d’entrer dans une polémique sur les chiffres antérieurs.
Face aux allégations de mauvais traitements évoquées par certains compatriotes, le ministre a annoncé une enquête conjointe. « Première chose, nous mettrons et nous mettons en place une commission d’enquête bilatérale. La partie allemande et la partie guinéenne pour enquêter (…) A partir de là et même concomitamment, maintenant nous allons revoir l’accord que nous n’avons pas signé mais que nous avons subi. (…) Donc nous ne parlons pas de suspension. Nous disons d’abord une enquête. Deuxièmement, nous allons nous asseoir pour réviser tout ça. Et la partie qui ne nous convient pas, on va l’enlever. »
Dr Morissanda Kouyaté a précisé que la Guinée ne cherche pas la rupture, mais une application « équilibrée » des engagements migratoires. Il a rappelé que chaque État dispose de ses lois et que la diplomatie impose la concertation.
Le ministre a également mis en garde contre le mécanisme dit du « pays tiers », par lequel un État peut conclure un accord avec un autre pays pour y transférer des migrants dont le pays d’origine refuserait le retour. Une éventualité que Conakry entend anticiper par le dialogue.
Tout en soulignant que l’Allemagne agit dans un cadre plus large impliquant l’Union européenne, le chef de la diplomatie a plaidé pour une approche « donnant-donnant », rappelant l’importance des partenariats économiques et des projets structurants soutenus par l’Europe, notamment autour de Simandou.
Dans ce dossier sensible, l’exécutif guinéen affirme maintenir le cap : défendre les droits des ressortissants, examiner au cas par cas les situations, et renégocier les dispositions jugées défavorables, sans rompre les relations bilatérales.
Foulamory Bah pour regardguinee.org
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