Un homme d’une trentaine d’années a été retrouvé mort à l’aube de ce mercredi 24 décembre 2025, allongé sur un étal de vendeuses au marché de Bonfi, dans la commune de Matam, à Conakry. La découverte macabre, survenue dans ce haut lieu de commerce de la capitale guinéenne, relance les inquiétudes autour de la propagation de la drogue dite « Kush », de plus en plus associée à des décès de jeunes dans les marchés et débarcadères.
Selon les premières informations recueillies sur place, le corps présentait des signes évidents d’une agonie prolongée. La victime était fortement amaigrie, avec des chevilles enflées et de nombreuses plaies profondes non soignées sur les jambes et le torse. Des traces de liquide jaunâtre mêlé de sang étaient également visibles sur le visage, renforçant l’hypothèse d’un malaise grave ayant évolué sur plusieurs heures.
L’identité de l’homme reste, pour l’heure, non établie. Si certaines vendeuses affirment qu’il exerçait occasionnellement comme transporteur de bagages, l’administration du marché de Bonfi a formellement démenti son appartenance au collectif officiel des dockers. Un jeune témoin indique que la victime se faisait appeler « FoulaniBoy » et qu’elle fréquentait habituellement le marché de Madina comme colporteur, avant de venir s’isoler à Bonfi dans ses derniers moments.
Alertée, la Police technique et scientifique s’est immédiatement rendue sur les lieux pour procéder aux premières constatations. Le responsable de la Police Technique et Scientifique (PTS), Mohamed N’Diaye, est revenu sur les conditions de l’intervention. « Dès l’appel du Colonel Yattara, notre équipe de permanence a rallié les lieux. À notre arrivée, nous avons trouvé cet individu sur une table d’étalagiste, présentant des signes de vomissements de sang et des plaies multiples sur l’abdomen, le dos et les membres inférieurs ».
À l’issue de ces premières observations, les enquêteurs privilégient la piste d’une overdose sur fond de pathologie chronique. Le colonel N’Diaye précise. « Il s’agit vraisemblablement d’un toxicodépendant souffrant d’une maladie pulmonaire. L’expérience nous montre que ces symptômes sont liés à la consommation de la drogue communément appelée Kush ».
Au-delà de ce cas précis, l’officier de police a dressé un constat alarmant sur la situation actuelle dans la capitale. « Cette semaine, nous avons ramassé plus de six corps, uniquement des jeunes non identifiés, dans les marchés et les débarcadères. Ce fléau commence à prendre des proportions alarmantes », a-t-il déploré, évoquant une recrudescence préoccupante de décès liés à la toxicomanie.
Face à cette réalité, le responsable de la PTS appelle à une mobilisation générale pour enrayer l’expansion des drogues de synthèse et protéger la jeunesse guinéenne. « L’appareil judiciaire, la police, la gendarmerie et surtout les parents doivent s’impliquer. Nous devons nous donner la main pour sensibiliser cette jeunesse ».
Kadiatou Diallo
En savoir plus sur Regard Guinée
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






















