À deux jours de son spectacle prévu le 9 octobre au Centre culturel franco-guinéen, l’humoriste Gandhi a animé une conférence de presse ce mercredi 7 octobre 2026. Au-delà de l’humour, l’artiste entend faire de cet événement un espace d’impact, de formation et d’orientation pour la jeunesse guinéenne.
Animée par Salima Bari, la conférence de presse a réuni des professionnels des médias, des partenaires et plusieurs acteurs impliqués dans l’organisation du spectacle. L’événement, prévu le 9 octobre au Centre culturel franco-guinéen, se veut différent des spectacles d’humour classiques, avec une dimension particulière consacrée à la formation et au renforcement des capacités des jeunes.
En amont du spectacle, plusieurs sessions de formation ont été organisées au profit de jeunes, notamment autour de l’intelligence artificielle, du montage vidéo, de la cryptomonnaie, du développement personnel et de la prise de parole en public. L’humoriste Gandhi a également partagé son expérience avec de jeunes passionnés d’humour, afin de leur permettre de mieux comprendre les réalités du métier et les exigences liées à une carrière artistique.
Gandhi : « Si aujourd’hui, on a cette possibilité d’impacter, on le fait »
Interrogé sur l’accompagnement du ministère de la Culture, l’humoriste Gandhi a expliqué que plusieurs démarches avaient été entreprises, sans réponse favorable jusqu’à présent. « Le ministère de la Culture, on a envoyé des documents. Il y a notre chef de projet qui est là même, qui rit. Il a tellement appelé, relancé, jusqu’à ce qu’on l’a bloqué. Parce qu’on trouve qu’il est fatigué », a-t-il déclaré.
Pour Gandhi, la formation des jeunes ne relève pas directement de la vocation de sa structure, mais répond à un besoin constaté sur le terrain.« Nous, on n’avait pas à nous impliquer dans la formation. Ce n’est pas notre vocation. Dans la formation, dans le renforcement de capacité, dans l’orientation, ce n’est pas notre vocation. Mais on le fait par nécessité, parce que c’est un constat qu’on a eu à faire au milieu des jeunes », a-t-il expliqué.
L’artiste estime qu’un accompagnement institutionnel permettrait d’étendre cette initiative à davantage de jeunes, notamment dans les universités et à l’intérieur du pays.
« Si le ministère pouvait accompagner ce genre d’initiative, on aurait pu l’élargir à d’autres jeunes. Pourquoi pas dans les universités, à l’intérieur du pays et dans beaucoup de régions. Malheureusement, ils ne nous ont pas accompagnés pour le moment », a regretté Gandhi.
Près de 80 jeunes déjà formés
Selon l’humoriste, entre 70 et 80 jeunes auraient déjà bénéficié des différentes formations organisées dans le cadre de cette initiative.
Pour lui, cette action constitue déjà une réussite, indépendamment des résultats attendus du spectacle. « Déjà, nous, même si ça s’est arrêté là, on a réussi quelque chose parce que, je pense que si je ne me trompe pas, c’est près de 70 ou 80 jeunes qui ont bénéficié d’une formation avec notre partenaire », a-t-il souligné.
Il considère ces formations comme un investissement à long terme pour les bénéficiaires, à condition que ces derniers poursuivent leur apprentissage. « Ces formations-là, c’est des renforcements de capacités qui vont les servir pendant très longtemps. Et s’ils ne lâchent pas, s’ils continuent à se former, ils vont se perfectionner. Donc pour moi, c’est une belle finalité », a-t-il ajouté.
Faire vivre les spectacles au-delà d’une seule représentation
Au-delà du spectacle du 9 octobre, Gandhi souhaite inscrire ses créations dans la durée. Il plaide pour une meilleure circulation des spectacles guinéens, à l’image de ce qui se fait dans d’autres pays. « Vous savez, ici en Guinée, on crée des spectacles et après on passe à autre chose. Alors qu’un spectacle, c’est un projet », a-t-il estimé.
L’humoriste cite notamment l’exemple des artistes qui peuvent présenter un même spectacle à plusieurs reprises et dans différentes villes.
La question des infrastructures culturelles constitue toutefois, selon lui, un obstacle important à cette ambition. Le Centre culturel franco-guinéen reste l’une des rares salles permettant d’accueillir des spectacles professionnels dans de bonnes conditions. « Aujourd’hui ici, on n’a qu’une seule salle qui peut accueillir un spectacle digne de ce nom avec toute la commodité pour un spectacle professionnel. Mais malheureusement parfois ils sont surbookés et c’est difficile d’avoir des dates », a-t-il fait remarquer.
Gandhi souhaite ainsi faire tourner ses différentes créations, notamment les spectacles autour de la drépanocytose et de la vie des survivants, annoncés dans plusieurs capitales africaines et européennes.
Il regrette cependant le manque d’accompagnement qui, selon lui, rend difficile la diffusion de ces œuvres. « Ce serait dommage de les mettre dans le tiroir », a-t-il insisté, rappelant le temps consacré à l’écriture, aux répétitions et à la préparation de ces spectacles.
Le programme du 9 octobre
Le programme de la soirée débutera par une rencontre entre les jeunes bénéficiaires des formations et certaines entreprises partenaires, de 17 heures à 18 heures. Une remise de satisfecit est ensuite prévue de 18 heures à 18h30.
À partir de 18h40, les premières parties du spectacle seront lancées avant le début du spectacle principal, annoncé pour une durée d’environ une heure trente.
Les organisateurs invitent le public à prendre ses dispositions pour faciliter l’accès à la salle. Les billets sont disponibles notamment via Billet Facile. Des tickets physiques peuvent également être obtenus et livrés à travers le numéro 612 14 14 02.
Gandhi a par ailleurs invité les spectateurs à se munir de leur carte d’identité et à arriver suffisamment tôt afin de faciliter les contrôles et leur installation dans la salle.
À travers ce rendez-vous, l’humoriste entend donc conjuguer divertissement, transmission et engagement en faveur de la jeunesse, avec l’ambition de faire de la culture un véritable levier d’éducation, d’orientation et de développement.
Alpha Bah







