Les travaux de l’atelier national de capitalisation des acquis du Projet d’appui à l’Agence nationale de financement des collectivités locales (PANAFIC) ont été ouverts ce mardi 22 septembre 2026 à Conakry. La rencontre réunit des responsables de l’administration territoritoire et de la décentralisation, de l’ANAFIC, des collectivités locales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des bénéficiaires du projet, avec pour objectif d’examiner les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les enseignements à retenir pour les prochaines interventions en matière de décentralisation.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Camara Djénabou Touré. Les échanges doivent notamment permettre de faire le point sur l’utilisation des financements, les investissements réalisés dans les collectivités, le renforcement des capacités locales et les mécanismes susceptibles d’assurer la pérennisation des acquis du projet.

Dans son intervention, la ministre a présenté plusieurs données relatives à la mise en œuvre du PANAFIC, notamment les dix millions d’euros engagés, les bénéficiaires du projet et les investissements réalisés dans les différentes collectivités. « Le PANAFIC a tenu parole. Sur les dix millions d’euros engagés, la totalité a été utilisée. La plupart des objectifs que nous nous étions fixés ont été atteints. Plus de cinq millions de Guinéennes et de Guinéens, dont une majorité de femmes, ont vu leur quotidien changer grâce à ce projet. Derrière ces chiffres, il y a des réalités que l’on peut toucher du doigt. Une centaine de microprojets sont sortis de terre et ont été livrés aux populations : des écoles, des postes et centres de santé clôturés et électrifiés, des points d’eau construits, des unités de fabrication de savon gérées par des groupements de femmes, des têtes de source et des forêts protégées par les communautés elles-mêmes », a déclaré la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Camara Djénabou Touré.

Au-delà des montants mobilisés, le projet a porté sur plusieurs domaines liés aux besoins des collectivités et des populations. Selon les éléments présentés lors de l’atelier, une centaine de microprojets ont été réalisés, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau et des activités génératrices de revenus.
Les investissements comprennent notamment des écoles, des postes et centres de santé, des points d’eau ainsi que des initiatives portées par des groupements de femmes.
Par ailleurs, les collectivités décentralisées ont été dotées d’ordinateurs. Cette dotation a notamment permis aux communes concernées de présenter leurs comptes de gestion à partir d’un outil numérique.
Dans la capitale, trois communes ont également engagé une démarche commune autour de la salubrité publique, selon le bilan présenté par la ministre.
Pour Mme Camara Djénabou Touré, l’atelier ne doit toutefois pas se limiter à une présentation des résultats. Il doit également permettre d’identifier les difficultés persistantes et les mesures nécessaires pour consolider les acquis du projet.
À ce titre, elle a notamment cité la participation encore insuffisante des femmes dans les instances de décision, la progression jugée trop lente du recouvrement des ressources propres des collectivités et l’incomplétude de la chaîne comptable communale.

Prenant la parole à son tour, le directeur général de l’Agence nationale de financement des collectivités locales, Sékou Mawa Touré, a rappelé que le PANAFIC avait notamment pour objectif de renforcer les capacités des collectivités décentralisées et d’améliorer les mécanismes de financement du développement local.
Selon lui, la capitalisation doit permettre de tirer des enseignements des résultats obtenus et des difficultés rencontrées afin d’améliorer les futurs programmes. « Le PANAFIC s’inscrit dans la volonté de renforcer les capacités des collectivités décentralisées, d’améliorer les mécanismes de financement du développement local et de rapprocher davantage l’action publique des populations. Sa mise en œuvre a permis d’accumuler des expériences, de développer des pratiques et de produire des résultats dont il importe aujourd’hui de tirer les enseignements. C’est précisément l’objet de cette rencontre. Capitaliser, ce n’est pas simplement faire le bilan. C’est identifier ce qui a fonctionné, comprendre les difficultés rencontrées, valoriser les bonnes pratiques et dégager les améliorations nécessaires pour l’avenir », a expliqué le directeur général de l’ANAFIC, Sékou Mawa Touré.
Dans cette logique, les participants sont invités à examiner les mécanismes de financement, la qualité des investissements, le renforcement des capacités des collectivités ainsi que les moyens permettant de préserver les acquis du PANAFIC.
Le responsable de l’ANAFIC a également souligné que cette réflexion intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la vision Simandou 2040. Pour l’agence, les collectivités devront disposer de capacités suffisantes pour planifier, gérer et accompagner les investissements liés au développement des territoires.

Le représentant de l’Agence française de développement (AFD), Moussa Doumbouya, est revenu sur l’évolution du dispositif de financement des collectivités locales en Guinée.
Dans son intervention, il a rappelé que l’ANAFIC s’inscrit dans un processus engagé depuis les premières réformes de la décentralisation. Selon lui, le dispositif est passé d’un projet d’appui aux collectivités villageoises à une agence institutionnalisée par l’État.
Cette évolution s’est accompagnée de plusieurs années de soutien de partenaires techniques et financiers, dont l’Agence française de développement.
Moussa Doumbouya a également évoqué les résultats obtenus dans le cadre du PANAFIC, notamment le renforcement des capacités de l’ANAFIC et des collectivités, ainsi que la mise en place d’outils de gestion et de planification. « Globalement, je voudrais dire que le projet PANAFIC a été une réussite. Il s’agit d’une réussite globale, qui a permis d’atteindre les territoires les plus éloignés de la Guinée. Nous avons notamment réussi à renforcer l’ANAFIC elle-même. Nous avons également renforcé les capacités des collectivités locales. Ce qui est important, c’est que nous avons aussi réussi à concevoir et à mettre en place des outils de gestion, de planification, d’exécution, de suivi des financements et des projets. Ces outils peuvent être utilisés par les collectivités décentralisées, quel que soit le contexte », a fait savoir le représentant de l’Agence française de développement, Moussa Doumbouya.
L’AFD indique par ailleurs vouloir poursuivre son accompagnement des collectivités décentralisées et du développement local. Le représentant de l’agence a notamment cité une expérience actuellement menée dans le secteur de l’éducation, dans laquelle 65 % des ressources sont déployées au niveau des structures déconcentrées et décentralisées.
L’ouverture de l’atelier a également été marquée par des témoignages de femmes bénéficiaires des programmes accompagnés par le PANAFIC.

Parmi elles, Safiatou Diallo, présidente des femmes de Diarry, a présenté les appuis dont ont bénéficié les groupements féminins de cette commune. Elle a notamment évoqué les équipements destinés aux activités agricoles et les moyens de transport mis à disposition des différentes communautés. « Nous les femmes de Diarry, nous sommes contentes de l’ANAFIC/PANAFIC. Ils nous ont apporté beaucoup de besoins. Nous les acceptons avec nos deux mains. Nous les femmes de Diarry, nous avons cinq groupements consacrés à l’agriculture. Ils sont venus chez nous, ils nous ont soutenu en nous apportant dix motos tris cycles pour la commune de Diarry composée de cinq de districts, chaque district a bénéficié de deux moto tricycles et des matériels pour nos travaux pour l’agriculture. Nous cultivons des fruits et légumes, nous faisons la saponification aussi », a témoigné Safiatou Diallo, présidente des femmes de Diarry.
Elle a également exprimé, au nom des femmes bénéficiaires, des remerciements aux autorités guinéennes pour l’accompagnement dont elles disent avoir bénéficié dans le cadre du projet.
La ministre Mme Camara Djénabou Touré a notamment évoqué plusieurs pistes, parmi lesquelles l’abondement régulier des budgets d’affectation spéciale du FNDL et du FODEL, la poursuite de la digitalisation comptable, l’assermentation des receveurs communaux et l’opérationnalisation de la fonction publique locale.
De son côté, l’ANAFIC souhaite que les échanges permettent de transformer les expériences accumulées dans le cadre du PANAFIC en orientations utiles pour les prochains programmes de développement local.
L’atelier doit ainsi servir de cadre à l’identification des bonnes pratiques, à l’analyse des difficultés rencontrées et à la formulation de recommandations destinées à renforcer les mécanismes de financement et de gouvernance des collectivités décentralisées.
Ibrahima Foulamory Bah pour regardguinee.org






