Alors que la Guinée traverse une période marquée par des difficultés d’accès au cash, des pratiques jugées abusives sont signalées dans certains points de vente de services de monnaie électronique. Plusieurs témoignages d’usagers font état de commissions excessives imposées lors des opérations de retrait, notamment sur les transactions effectuées via le service Orange Money.
Selon ces témoignages relayés par des organisations de consommateurs et des acteurs du secteur, certains points de vente exigeraient jusqu’à 50 000 francs guinéens de frais pour un retrait de 500 000 GNF, une pratique dénoncée comme illégale et contraire aux règles établies par la Banque centrale.
Dans une publication, le Syndicat des Acteurs de la Monnaie Électronique (SAMEL) a condamné ces comportements et appelé au respect strict des tarifs officiels appliqués dans le secteur de la monnaie électronique. « Pour retirer 500 mille, un point de vente veut retirer 50 mille au client. »
Le syndicat estime que ces pratiques surviennent dans un contexte de crise de liquidité qui fragilise déjà les citoyens et ne doivent en aucun cas être exploitées à des fins de profit abusif. « La crise de liquidité que traverse notre pays ne doit pas devenir une opportunité pour certains points de vente (PDV) de profiter de la vulnérabilité des citoyens. »
Toujours dans sa publication, le SAMEL souligne que plusieurs cas ont été rapportés par des usagers à travers le pays, mettant en lumière une tendance inquiétante dans certains points de vente affiliés au service. « Il a été rapporté, par de nombreux témoignages, que certains points de vente Orange money exploitent cette situation en imposant des commissions exorbitantes sur les opérations de retrait. »
Ces frais, selon les acteurs du secteur, ne respectent ni les normes fixées par la Banque centrale ni les accords conclus avec les opérateurs de paiement mobile.
Face à ces dérives, l’Union des Consommateurs de Guinée affirme avoir engagé des démarches auprès de la direction de Orange Microfinance Guinée afin de faire cesser ces pratiques. L’organisation indique avoir obtenu l’assurance que les points de vente impliqués dans ces abus pourraient faire l’objet de sanctions, voire de suspensions.
Les organisations de défense des consommateurs et les représentants du secteur de la monnaie électronique appellent par ailleurs les utilisateurs à signaler toute anomalie constatée lors des opérations de retrait ou de transfert d’argent.
Dans un contexte économique déjà marqué par l’indisponibilité des liquidités, plusieurs acteurs plaident pour une vigilance accrue et un respect strict de la réglementation, afin de préserver la confiance des citoyens dans les services de paiement mobile en Guinée.
Les organisations concernées invitent ainsi les usagers à rester attentifs aux frais qui leur sont appliqués et à dénoncer tout cas d’abus auprès des structures compétentes, afin d’éviter que la crise actuelle ne favorise des pratiques contraires aux règles en vigueur.
Sékou Nesta, correspondant à Conakry de regardguinee.org







