L’ancien ministre guinéen Abdoulaye Portos Diallo est décédé ce mardi 28 janvier 2026 à l’âge de 90 ans. Ancien Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports, diplomate et prisonnier politique sous le régime de Sékou Touré, il laisse l’image d’un homme engagé, témoin majeur des violations des droits humains en Guinée post-indépendance.
Né à Conakry en 1935, Abdoulaye Portos Diallo était Docteur en droit et diplomate de formation. Au cours de sa carrière, il a occupé plusieurs fonctions de premier plan, notamment celle de chef de mission de la Guinée auprès des Nations Unies, avant d’intégrer le gouvernement en qualité de Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports.
Son parcours personnel et politique reste toutefois indissociable de l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire contemporaine guinéenne. Au lendemain de l’agression portugaise de novembre 1970, survenue dans un climat de forte tension politique, Abdoulaye Porthos Diallo est arrêté le 3 août 1971 lors d’une vaste vague de répression orchestrée par le régime du président Ahmed Sékou Touré.
Sans jugement, il est incarcéré au Camp Boiro, centre de détention tristement célèbre, symbole de la répression politique et des violations massives des droits humains. Comme de nombreux cadres de l’État, responsables politiques et citoyens guinéens, il y subit une détention longue et éprouvante, marquée par des conditions qualifiées d’inhumaines par de nombreux témoignages.
Après près de dix années de détention, Abdoulaye Portos Diallo est libéré en novembre 1980. Son expérience de prisonnier politique donnera lieu à la publication de l’ouvrage « La Vérité du ministre – Dix ans dans les geôles de Sékou Touré », devenu une référence incontournable dans la documentation des crimes politiques et de la terreur d’État en Guinée. À travers ce témoignage, il contribue à préserver la mémoire des victimes et à éclairer les générations futures sur cette période de l’histoire nationale.
La disparition d’Abdoulaye Portos Diallo, une voix essentielle du témoignage historique, à la croisée de l’engagement politique, du service de l’État et du devoir de mémoire laisse un vide dans le paysage politique guinéen. Son parcours reste celui d’un homme dont la trajectoire personnelle épouse les grandes fractures de l’histoire politique guinéenne.
Kadiatou Diallo







